samedi 17 mars 2018

Il y a trente neuf ans, le 04 avril 1968, sur un balcon à Atlanta



Le 04 avril 1968, sur ce balcon à Atlanta, Martin Luther King tombait sous des balles dirigées par la haine.
L'homme est mort et il continue pourtant d'être une source d'inspiration pour plusieurs. Nombreux sont ceux qui comme lui rêvent d'un monde meilleur et qui perpétuent un rêve de fraternité entre les hommes. Quelle grande destinée sue celle d'un homme qui réussit par delà la mort à inspirer de nobles sentiments à des nombreuses générations après lui.

Il fait partie de ceux qui m'inspirent et je fais juste une pause, pour me souvenir et pour témoigner que par delà la mort il continue d'être une source d'inspiration. Dans mon panthéon personnel, le pasteur Martin Luther King Junior a une place de choix.

                     Hommage...

Le jour de sa mort, le sénateur Robert Kennedy lui a rendu un hommage avec des perspectives dont nous pouvons encore nous approprier les résonances.

Discours de Robert Kennedy venant d'apprendre la mort de Martin Luther Kong.

«Mesdames et messieurs, j'ai une triste nouvelle pour vous, mais je pense aussi pour tous nos camarades citoyens et pour les personnes qui veulent la paix dans le monde : Martin Luther Kong a été assassiné ce soir. 
Martin Luther Kong a consacré sa vie à la cause de l'amour et de la justice entre les êtres. Il est mort en y œuvrant. 

En ce jour difficile, en cette heure difficile, pour les États-Unis, il faut peut-être se demander quel genre de nation nous sommes et quelle direction nous voulons prendre. Pour ceux d'entre vous qui sont noirs - compte tenu, à l'évidence que des blancs sont responsables - vous pouvez être empli d'amertume, de haine et de désir de vengeance. 

En tant que pays, nous pouvons nous diriger vers une plus grande polarisation - Noirs parmi les noirs, et blancs, emplis de haine les uns envers les autres. 
Ou, nous pouvons faire un effort, comme l'a fait Martin Luther King, pour comprendre, appréhender et remplacer cette violence, cette tache d'un carnage qui a accablé, notre terre, pour que la compassion et de l'amour.

Pour ceux d'entre vous qui sont noirs et sont tentés, face à l'injustice d'un tel acte, par la haine et la méfiance envers tous les blancs, je peux seulement dire que je ressens dans mon coeur le même genre de sentiment. J'ai eu un membre de famille tué, même s'il a été tué par un homme blanc comme lui.

Nous devons faire un effort aux États-Unis, nous devons faire un effort pour comprendre, pour faire un pari sur l'avenir pour dépasser cette époque plutôt difficile.

Mon poète préféré, Eschyle, a écrit par le passé : « Même dans le sommeil, la douleur qu'on ne peut oublier tombe goutte à goutte sur notre coeur et dans notre désespoir contre notre gré, par la grâce terrible de Dieu, nous viens la sagesse.»


Aux États-Unis, nous n'avons pas besoin de division. 
Aux États-Unis, nous n'avons pas besoin de haine. 
Aux États-Unis, nous n'avons pas besoin de violence et d'anarchie; nous avons besoin d'amour et de sagesse, de compassion envers notre prochain, d'un sentiment de justice envers ceux qui souffrent toujours dans notre pays, qu'ils soient blancs ou noirs. 

Ainsi, je vous demande ce soir de rentrer chez vous, de prier pour la famille de Martin Luther King bien sûr, mais surtout pour notre propre pays, que nous aimons tous - une prière pour qu'il y ait plus de cette compréhension et de cette compassion, dont je parlais tout à l'heure. 

Dans ce pays, nous pouvons faire le bien. Nous aurons des périodes difficiles ; nous avons eu des périodes difficiles dans le passé ; et nous aurons des périodes difficiles à l'avenir. Ce n'est pas la fin de la violence ; ce n'est pas la fin de l'anarchie ; et ce n'est pas la fin du désordre. 

Mais la grande majorité des blancs et des noirs dans ce pays veulent vivre ensemble, veulent améliorer la qualité de notre vie, et veulent que la justice soit faite pour tous les êtres humains qui demeurent sur notre terre. 


Consacrons-nous à ce que les Grecs ont écrit il y a tant d'années : il faut apprivoiser la sauvagerie de l'homme et rendre la vie plus douce. 
Consacrons-nous-y, et prions pour notre pays et pour notre peuple. 

                                                  Merci beaucoup. » 


Robert Kennedy, 04 avril 1968. Indianapolis, Indiana. Traduit par Maguy Day. 

jeudi 8 mars 2018

A ma maman chérie, ainsi qu'aux vôtres


Femme du monde, belle femme des temps/ 
Mère des terres pour qui je garde le même sang/ 
Je te dois ma vie car c'est toi qui me portas sur ton dos/ 
Pour que je vois les étoiles du ciel encore plus haut/ 
Je te dois du bien, toi qui me donnas le lait de ton sein/
Un lait naturel d'une femme qui n'a pas changé son teint/

Femme Africaine, femme inconvertible des histoires/ 
Toi qui me consola tous les matins et tous les soirs/ 
Femme de linge, femme de marigot, femme de mines/ 
Toi qui lava mes habits tous imbibés d'urines/ 

Et toi qui me moucha de ta bouche et pas de ta main/ 
Je te dois ma vie maman toi qui me fît du bien/ 

Femme de sueur, femme de lueur, femme d'ardeur/
Toi qui me chanta la berceuse tous les quarts d'heures/ 

Pour que mes rêves ouvrent leurs portes dans tes bras/ 
Et pour que ta présence magique parfume mon drap/ 

Femme de soin, femme de conseils, femme de réussite/ 
C'est à toi mes efforts, c'est grâce à toi mes mérites/ 

Femme de ménage, femme de mortier, femme de pilon/ 
Toi qui me supporta neuf mois quand je blessais le cordon/ 

Et toi qui allégeas mes peines pour que je te serve demain/ 
Je te donnerai le bonheur même s'il ne sera pas de même/ 

Tu as fait mes moments et j'aimerai à jamais être avec toi/ 
Car quoique je construise tu resteras toujours mes toits/ 

Les lumières ne sont pas toutes la lune ou le soleil/
Parce que les nuits ne sont pas toutes des sommeils/

Certains t'appellent femme, d'autre te disent dame/ 
Mais tout le monde sait que sans toi il n'y a pas d'âmes/ 

Je te dois mes mots maman mais je n'ai plus d'idées/ 
Je retiendrai à jamais que mes pas c'est toi qui les a guidé/ 




samedi 3 mars 2018

Poésie ! Mon Bonheur, Mon Paradis

L  A  P O E S I E  E S T  U N E  F L E U R  Q U E  J'  A I  C H O I S I E  D E  C U L T  I V E R  L A  V I E. 



Viens avec moi au paradis de la « poésie » 
Viens ! Je t'invite à partager mes envies
J'y vais toujours lorsque la vie me fait mal 
M'approcher des humains, m'éloigner de l'animal ! 


J'entends chanter le Rossignol et le canard 
En admirant le zéphyr, on astique les faux regards. 
Le chagrin s'envole et la vie redevient divine 
Quand ma poésie s'arrose de son fleuve de rimes. 



On est si bien aux beaux pays de la poésie, 
L'Afrique, l'Amérique, l'Europe, l'Australie, 
Et l'Asie. 
Viens sur mon aile, je t'emmène au paradis des fleurs
Et tu verras combien la vie nous cache de bonheurs. 



Lorsque ta muse est inspirée tu peux rêver 
Que les anges du paradis t'ont enlevée, 
N'hésite plus, empruntons le même chemin
Laisse tomber tous les soucis et tes chagrins.



Calme ta frayeur, ferme tes yeux 
Et prends ma main, 
Partons tous deux nous perdre dans ma « poésie ». 



mercredi 21 février 2018

A' FRIC




Un jour viendra, 
Où l'Afrique à elle seule y parviendra, 
Un jour où l'histoire de l'Afrique s'exprimera, 
La pauvreté, un souvenir ; ça sera, 
De la dignité et de la gloire, fini d'être un mouchoir, 
L'humanité lui accordera son vrai pouvoir, 
La nuit s'éteindra, 
Elle laissera la place au matin qui se peindra, 
L'Afrique ne sera jamais morte, 
Elle garde toujours le sourire de se terre forte, 
Bien qu'elle soit blessée, 
Endurante, elle ne s'est pas laissée, 

L'Afrique est la terre fière de son sol fertile,
Le coeur de ses hommes n'est pas hostile,
L'Afrique prépare demain,
De peur qu'elle ne ressente pas les critiques du lendemain,
Un jour, l'Afrique sortira des ténèbres,
Elle verra le soleil des jours célèbres,
Belle comme l'éclat de la lune,
Sa réussite restera gravée dans les pages à la une,
Elle ne sera orpheline,
Terre prometteuse, enlève cette épine,
Afrique, ne tais point !
Tes enfants te guideront avec soin. 


© Stéphane Kabamba 


jeudi 15 février 2018

Ode tirée du Psaume XLVIII sur l'aveuglement des hommes du siècle




Qu'aux accents de ma voix la terre se réveille; 
Rois, soyez attentifs ; peuples, ouvrez l'oreille : 
Que l'univers se taise, et m'écoute parler. 
Mes chants vont seconder les accords de ma lyre : 
L'esprit saint me pénètre ; il m'échauffe, et m'inspire 
Les grandes vérités que je vais révéler. 


L'homme en sa propre force a mis sa confiance ;
Ivre de ses grandeurs et de son opulence,
L'éclat de sa fortune enfle sa vanité.
Mais, ô moment terrible, ô jour épouvantable,
Où la mort saisira ce fortuné coupable,
Tout chargé des liens de son ibiquité !


Que deviendront alors, répondez, grands du monde, 
Que deviendront ces biens où votre espoir se fonde, 
Et dont vous étalez l'orgueilleuse moisson ? 
Sujets, amis, parents, tout deviendra stérile ; 
Et, dans ce jour fatal, l'homme à l'homme inutile
Ne paiera point à Dieu le prix de sa rançon. 


Vous avez vu tomber les plus illustres têtes ; 
Et vous pourriez encore, insensés que vous êtes, 
Ignorer le tribut que l'on doit à la mort ? 
Non, non, tout doit franchir ce terrible passage : 
Le riche et l'indigent, l'imprudent et le sage, 
Sujets à même loi, subissent même sort. 


D'avides étrangers, transportés d'allégresse,
Engloutissent déjà toute cette richesse,
Ces terres, ces palais de vos noms ennoblie.
Et que vous reste-t-il en ces moments suprêmes ?
Un sépulcre funèbre, où vos noms, où vous-mêmes
Dans l'éternelle nuit serez ensevelis.


Les hommes, éblouis de leurs honneurs frivoles, 
Et de leurs vains flatteurs écoutant les paroles, 
Ont de ces vérités perdu le souvenir : 
Pareils aux animaux farouches et stupides, 
Les lois de leur instinct sont leurs uniques guides, 
Et pour eux le présent paraît sans avenir. 


Un précipice affreux devant eux se présente ; 
Mais toujours leur raison, soumise et complaisante,
Au devant de leurs yeux met un voile imposteur. 
Sous leurs pas cependant s'ouvrent les noirs abîmes, 
Où la cruelle mort, les prenant pour victimes, 
Frappe ces vils troupeaux, dont elle est le pasteur. 


Là s'anéantiront ces titres magnifiques, 
Ce pouvoir usurpé, ces ressorts politiques, 
Dont le juste autrefois sentit le poids fatal : 
Ce qui fit leur bonheur deviendra leur torture; 
Et Dieu, de sa justice apaisant le murmure, 
Livrera ces méchants au pouvoir infernal. 

Justes, ne craignez point le vain pouvoir des hommes;
Quelque élevé qu'ils soient, ils sont ce que nous sommes:
Si vous êtes mortels, ils le sont comme vous. 
Nous avons beau vanter nos grandeurs passagères, 
Il faut mêler sa cendre aux cendres de ses pères ; 
Et c'est le même Dieu qui nous jugera tous. 



Eloquente Lyre : Le Cri De Mon Stylo ! 

mercredi 7 février 2018

Muda Maxana en 10 questions





1. Bonjour Monsieur ! Dites-nous : Qui est Muda Maxana, et pourquoi avez-vous choisi ce pseudo, comme nom d'artiste ? 




Muda Maxana est un Congolais, jeune-écrivain né à Bukavu, qui réside actuellement à Kinshasa... Il est aussi un partisan d'un Congo Libre et Indépendant. Ce pseudo n'est rien d'autre qu'une variante de mon nom.
Et bien, Muda vient de Mudahigwa qui signifie : "L'incomparable; et Maxana est un mot qui signifie : "La perfection" (en espéranto je crois). Je l'ai choisi comme nom d'artiste, parce qu'il sonne d'abord bien dans mes oreilles et aussi parce que le nom a toujours exprimé l'être, la force vitale de la personne qu'il représente et c'est aussi une sorte de parole permanente que je ne cesse de répéter chaque matin à mon réveil.
"L'incomparable-perfection" ; quoi de mieux pour en faire une quête ?




2. C'est quoi le slam ? - Qu'est-ce qui vous fascine dans celui-ci ? 





Le slam traduit une poésie dite (déclamée) devant un public. Il vient d'un verbe anglais : to slame, qui signifie "claquer ou faire claquer" ; ici on claquera alors les mots (au niveau de l'écrit, grâce à la stylistique ; je dirai bien plus, grâce à la richesse de la grammaire). Je dirai aussi que le slam est juste un partage à l'oral d'un texte (poétique surtout) l'écrit. Il a été mis au point par un Américain, Adam Smith. Loin de là, je le qualifierais d'une "expression de l'âme" puisque selon moi, c'est une bonne manière de dire ce qui nous sonde, à travers la poésie. Ce qui me fascine beaucoup plus en elle, est ce fait que tout le monde est d'abord libre d'en faire, selon ses humeurs et inspirations. Cette liberté qu'on éprouve quant à son écriture : en vers, ou en prose; comme l'on voudra. Et aussi j'adore la musicalité qu'il offre aux mots, et il me permet (personnellement) chaque jours de trouver le besoin qui me fait écrire.





3. Avez-vous toujours su que vous vouliez slamer ? 






Non hein... 
C'était venu juste comme ça, je pense que c'était surtout dû à l'influence extérieure. Oui à force d'écouter et d'apprécier le travail des autres slameurs et paroliers : "d'ici ou d'ailleurs". Ben, c'est le slam qui m'avait choisit quoi... (Rires) 





4. Quand avez-vous commencé à slamer ? 





J'avais commencé à slamer à l'école secondaire (lycée) ; c'était plus exactement en quatrième. 




5. Question d'appartenance et de participation. Faites-vous parti d'un cercle d'écrivains ? Si oui, lesquels ? Et quel est l'impact de votre présence dans ce cercle vis-à-vis de votre image personnelle ? 





Je fais partie des membres (chantres, du grand courant de pensée de la Fleuvitude ! C'est une doctrine qui prône le juste retour à l'ordre des choses, la fraternité, le vivre ensemble, etc. 
L'impact de ce courant sur mon image personnelle, est qu'il m'avait permis d'ouvrir mon écriture à un plus grand nombre, mais aussi à savoir apprécier ce que font les autres et surtout à cristalliser mon espoir dans la force du verbe pour le changement positif, car l'écriture est une de construction massive. 





6. Quels sont vos slameurs préférés ? 








J'aime bien écouter le slam d'ici ; surtout : Peter Komundua (j'aime bien son côté écriture) ; Yekima, Negue Fly et aussi Do Nsoseme. 
Il y a aussi ceux d'ailleurs, qui ne sont pas du tout mauvais ; notamment : Slameur Pro (Bujumbura) , Lyca et Fleurette  (Bujumbura), Maxime Kouame   (Abidjan), Mariusca Moukengue  (Brazzaville),  Black Panther (Brazzaville), etc.

Il y a aussi les grands anciens hein, que j'écoute toujours : Grand corps malade, Abdalmalik, Pilote le Hot, Rouda, etc.





7. Que recommanderiez-vous à de jeunes slameurs qui n'osent pas se lancer ? 





Je leur dirai juste de croire en eux, car l'écriture n'est pas aussi facile de parvenir à faire des belles phrases (rires) et aussi qu'ils ne portent leur regard qu'en eux, car "être artiste c'est savoir croître comme un arbre qui ne presse pas sa sève, qui résiste aux grands vents du temps". Nous dira Rainer Maria Rilke. 




8. Quelle est votre plus beau souvenir de slameur ? 




C'est juste le jour où j'avais offert un spectacle de trois heures avec un ami ( Vincent la Rime) , à l'occasion du journée internationale de la jeunesse ; qu'on avait célébré au Centre Culturel Ndaro à Bukavu. 




9. Pourriez-vous expliquer comment vous fonctionnez en tant que slameur ? 




Pour l'instant je travaille seul, et aussi parfois en collectif (avec des amis ici à Kinshasa). J'ai aussi un arrangeur de son et un réalisateur vidéo ; mais aussi un manager. 
Je travaille aussi sur un album (audio) qui sortira bientôt, car je suis bien confiant. 



10. Auriez-vous envie d'ajouter quoi que ce soit ? 



Non, merci.
Je vous remercie juste de m'avoir accordé ce bon moment de partage, pour le meilleur et l'écrire. 
Merci beaucoup ! 








Merci beaucoup monsieur 
Muda Maxana de nous avoir accordé votre temps. Bravo à vous pour toutes vos réalisations, et bon courage pour vos projets à venir. 



Rédacteur : Stéphane Kabamba ! 

vendredi 26 janvier 2018

La dernière lettre de Patrice Lumumba

A la confluence des cultures, il est des choses qui font que l'Afrique, d'Occident ou d'ailleurs, des choses nous sont communes. L'une d'elle est l'importance immense que l'on donne aux derniers mots d'une personne qui meurt. Cette importance est magnifiée, amplifiée par la conscience de sa probable mort prochaine que l'on prête à celui qui est mort. En cela ses mots deviennent testament et une lettre privée devient patrimoine commun à ceux qui sont dans le cours de l'histoire. La dernière lettre connue de Patrice Lumumba à son épouse Pauline vaut la lecture parce que l'homme privé de confond avec le combattant, invite son épouse dans cet absolu pour lequel il va donner sa vie. Cet absolu pour lequel on va lui prendre la vie avec violence, l'assassiner. Patrice Lumumba est de ces hommes dont le passage et la mémoire sont des lueurs sur bien des parcours de vie et, dans mon panthéon personnel il a une de ces places que choix qui attise mes panafricanismes et mes passions d'Afrique. 
Comme il est utile de puiser aux sources de ces vies des inspirations pour aller de l'avant et construire. Parce que les mots de Patrice Lumumba revêtent à postériori une dimension testamentaire leur force et leur résonance est d'autant plus grande et l'on se surprend à admirer celui qui a érigé en valeur absolue l'indépendance, la dignité et la liberté de son pays au point de les faire primer sur sa vie. Hommage respectueux à la mémoire et à la vie de celui qui demeure pour moi un exemple, un modèle, une inspiration. Il est une Afrique autre que celle véhiculée par des satrapes qui ont dans un intérêt commun avec ceux de leurs complices à donner de notre terre une image de continent désespéré, dépendant par essence et mendiant pour survivre. De la terre d'Afrique une voix a résonné en son temps pour dire : “Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m'ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés”

Merci Patrice Lumumba pour l'exemple. 


Bonne lecture à tous, inspirons et laissons-nous inspirer par ces vies et ces voix qui nous rappellent que notre futur ne se dessine pas dans une échine constamment courbée. Des vies qui nous rappellent que les fatalismes de nos désespérances peuvent laisser la place à des têtes levées qui embrassent à nouveau des rêves et des destinées d'Afrique. Il est une autre Afrique à bâtir, à réinventer, à redécouvrir, à rencontrer à réveiller. Une Afrique mise en sommeil par une histoire à assumer et à dépasser. — Nkosi Sikeleli Afrika. Que Dieu bénisse l'Afrique. 



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Ma Compagne chérie, 


Je t'écris ces mots sans savoir s'ils te parviendront, quand ils te parviendront et si je serai en vie lorsque tu les liras. Tout au long de ma lutte pour l'indépendance de mon pays, je n'ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie. Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux - qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi certains hauts fonctionnaires des Nations-Unies, cet organisme en qui nous avons fait notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance - ne l'ont jamais voulu. 


Ils ont corrompu certains de nos compatriotes - Ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance. Que pourrai-je dire d'autres ? 



Que mort, vivant, libre ou en prison sur ordre des colonialistes, ce n'est pas ma personne qui comble. C'est le Congo, c'est notre pauvre peuple dont on a transformé l'indépendance en une cage d'où l'on nous regarde du dehors, tantôt avec cette compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu'il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur. 


Nous ne sommes pas seuls. L'Afrique, l'Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de Congolais qui n'abandonneront la lutte que le jour où il n'y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays. A mes enfants que je laisse, et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu'on dise que l'avenir du Congo est beau et qu'il attend d'eux, comme il attend de chaque Congolais, accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n'y a de liberté, sans justice il n'y a pas de dignité, et sans indépendance il n'y a pas d'hommes libres. 


A mes enfants que je laisse et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu'on dise que l'avenir du Congo est beau. 


Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m'ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soummision et le mépris des principes sacrés. L'histoire dira un jour son mot, mais ce ne à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations-Unies, mais celle les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. 



L'Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité. Ne me pleure pas, ma compagne. Moi je sais que mon pays, qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté. 



Vive le Congo ! Vive l'Afrique ! 



Le 04 avril 1968, sur ce balcon à Atlanta, Martin Luther King tombait sous des balles dirigées par la haine. L'homme est mort et ...